Bilan de l’hyperperméabilité intestinale

L’hyperperméabilité intestinale est devenue un phénomène très fréquent, pour ne pas dire général, ces dernières décennies. Elle est la conséquence d’une dégradation de la flore intestinale (dysbiose) et de la muqueuse (irritation). Il est important de la diagnostiquer précocement parce qu’elle est à l’origine d’un grand nombre de nos maladies actuelles comme les troubles digestifs, les allergies, les rhumatismes, les infections, les maladies auto-immunes, les réactivations virales, le surpoids, etc. Un certain nombre de signes en permettent le diagnostic. Mais certaines analyses très spécialisées et réalisées par quelques rares laboratoires sont quelquefois utiles en cas de doute.

Le stress, l’alimentation rapide ou d’origine industrielle, les médicaments (antibiotiques et anti-inflammatoires surtout) et les intolérances alimentaires (laitages et gluten pour commencer) sont les principaux responsables de l’inflammation du tube digestif. Ils induisent pour commencer une destruction de la flore intestinale, puis une irritation de la muqueuse qui perd sa couche de mucus protecteur et se dégrade. La paroi intestinale devient alors perméable, c’est-à-dire qu’elle ne fait plus barrière aux toxiques, aux polluants, aux métaux lourds, aux allergènes, aux germes et aux aliments non digérés… Ceux-ci vont alors pénétrer dans l’organisme et commencer par l’encrasser. Puis, lorsque l’intoxication sera à son comble, les maladies vont apparaître.

En cas de doute sur une hyperperméabilité intestinale, deux tests permettent son diagnostic :

 

Le test de perméabilité intestinale (TPI) :

Le principe de ce test est simple. Il est basé sur le fait que certaines molécules ne sont pas ou peu métabolisées dans l’organisme ce qui permet de les retrouver inchangées dans les urines.
Le test va utiliser deux types de substances : le lacticol et le mannitol parce que leur taille est différente ce qui fait que leur absorption par la paroi intestinale suit des mécanismes différents : l’un passe entre les cellules de l’intestin, alors que l’autre doit traverser les cellules intestinales pour être absorbé. Cette distinction permet de déterminer la taille des molécules étrangères qui entrent dans l’organisme et indique ainsi l’importance de la détérioration de la muqueuse intestinale :

  • le lactitol qui est une grosse molécule, est absorbée par voie intercellulaire au niveau de la paroi intestinale (transport passif).
  • le mannitol qui est une plus petite molécule, doit être transporté par voie intracellulaire au niveau de la paroi intestinale pour être absorbé (transport actif).

Le TPI est donc un test différentiel qui compare l’élimination urinaire du lacticol (grosse molécule) et du mannitol (petite molécule). Il est calculé par le rapport lacticol / mannitol qui normalement est de 2 %. Cela signifie qu’il ne passe normalement que 2 grosses molécules (lacticol) pour 100 petites molécules (mannitol).

L’examen consiste à faire consommer à une personne une quantité déterminée de lactitol et de mannitol (variable selon le poids). Cette dernière devra ensuite rester à jeun pendant deux heures en buvant de l’eau à volonté. Puis, les urines des 5 heures suivant l’ingestion, seront prélevées afin de mesurer l’élimination (clairance) urinaire du lacticol et du mannitol.

 

Le dosage des Peptides Urinaires :

Les peptides sont des fragments de protéines alimentaires incomplètement digérés dans le tube digestif. Le dosage des peptides urinaires s’intéresse donc à la digestion des aliments et leur absorption. Normalement lorsque les aliments sont bien digérés, ils ne génèrent que peu de peptides. Mais en cas d’intestin irrité, les aliments (notamment le gluten et la caséine du lait) ne sont pas bien dégradés. C’est dans cet état de mal-digestion que ces aliments sont absorbés dans l’organisme. Cela entraîne ainsi une augmentation des peptides dans l’organisme. Or, ces derniers sont fortement suspectés d’entraîner de nombreuses maladies psychologiques (y compris psychiatriques : hyperactivité, dépression et schizophrène) ainsi que des maladies chroniques (maladie d’Alzheimer, fibromyalgies, fatigue chronique, SEP, PCE…). Ces peptides se retrouvent d‘abord dans le sang, puis sont éliminés par les urines.

Une quantité importante de peptides dans les urines indique l’existence d’une mauvaise digestion des aliments mais aussi  d’une forte perméabilité intestinale.

 

En pratique :

Lorsqu’un médecin demande ces tests de perméabilité intestinale, c’est que les troubles digestifs présentés, lui font suspecter une maladie de l’intestin.

  • Il va alors regarder en premier lieu, le résultat du rapport lacticol / mannitol. Car, plus le pourcentage est élevé, plus l’atteinte de la paroi intestinale est importante.
  • Il est possible en cas de doute d’affiner le résultat en demandant les clairances (élimination en un temps déterminé) du lacticol et du mannitol afin d’avoir un résultat encore plus précis et donc plus fiable.

De même devant certaines maladies comme une fibromyalgie, une fatigue chronique, une hyperactivité, une polyarthrite, une dépression, une psychose… il est possible d’évoquer une mal-digestion comme en étant l’origine. Le dosage des peptides urinaires permettra de le confirmer. Car, plus leur taux est élevé, plus la mal-digestion et les désordres intestinaux sont importants.

A signaler enfin qu’il existe aussi des tests sanguins très intéressants, permettant de diagnostiquer les intolérances alimentaires comme Imupro® (jusqu’à 300 aliments testés dans un seul examen).

Il est dommage que tous ces examens ne soient effectués que dans un nombre très restreint de laboratoires difficiles à trouver (se renseigner dans un laboratoire proche de votre domicile) et qu’aucun ne soit remboursé…



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